L’intérieur d’Anne GÉRARD

ARTIST la présente comme une plasticienne dans le sens où elle touche à tous les supports.Tout l’intéresse, que ce soit la peinture, le papier, les moules, les objets…

Anne dispose d’un savoir-faire remarquable, et d’un « savoir défaire » tout aussi prodigieux.Dessinatrice fascinante, excellente coloriste, la puissance de son imaginaire dégage quelque chose d’intense, une profondeur d’âme.

Pourquoi ce coup de cœur ?

Nous sommes tombés amoureux de sa démarche artistique et de cette œuvre sur papier qui a insufflé notre toute prochaine collection d’automne. Dans l’atelier d’Anne, nous avons vu des dizaines de pièces magnifiques et nous lui avons demandé quelques jours de réflexion.

Était-ce bien nécessaire ? À vrai dire, nous avions déjà flashé sur :

BAROCCO

Cette scène d’intérieur née de l’alternance d’adresse et de mal habileté délibérées, fruit de concentration et de désinvolture, raconte la nostalgie d’une chambre ancienne dans une maison d’un autre temps.

On admire les motifs de la tapisserie murale, le mobilier d’époque sur le tapis, le lampadaire et les coussins : une évocation émue de l’enfance en soi. Comme dans le souvenir qui d’abord rassure, on s’accroche aux détails nets et encore vifs, pourtant les objets se désagrègent, le décor se voile. Quelques images se floutent. L’ensemble nous offre une composition très figurative dont quelques parties glissent vers l’abstraction.

La technique très personnelle d’Anne Gérard :

Sur l’endroit de la simple et grande feuille Canson, le crayon de papier, le stylo à bille ou le feutre, esquisse le dessin banalement bleu ou noir au début. La main gauche, habile, trace avec minutie, détaille patiemment. Le sens du détail relève de la maîtrise classique.

Après cette première étape, la représentation est ensuite transférée sur une feuille enduite de colle à papier peint. Avec l’aide d’une autre personne, elle est donc apposée sur des repères, face recto dessinée. Cette technique si particulière de « décalcomanie » met à mal l’illustration d’origine.

Très vite, cette œuvre en cours est retirée, libérée mais porte encore tous les stigmates de la manipulation. Une fois sec, l’artiste accueille l’effet de surprise. Elle retravaille tout avec crayons de couleur, feutres, lavis, encres, peinture ou jus. Dans ses finitions, elle fond certaines teintes pour en rehausser d’autres.

Garder les « accidents », surtout ne pas les recouvrir. Mettre en valeur I’impression de bâclé, conserver partiellement l’imprévisible, le déséquilibre forcé de cette opération hasardeuse.

La colle dilue d’où la perte de la définition de l’image, la dilution des couleurs. Bulles d’air, bave, zones blanches du pinceau à colle, Anne Gérard aplatit çà et là les plis, et jubile. Le télescopage entre ses intentions de départ et les imprévus crée des effleurements d’ombres, des disparitions, mais aussi des apparitions !

Sa démarche :

« … Dessiner les choses banales du monde. Ventilateur, chaussures, robes de poupée, schémas de mode d'emploi... L'infime, l'intime, le presque rien, reviennent inlassablement et font de mes peintures et de mes dessins des sortes de Vanités traitées avec humour et dérision.
Sous l'apparence d'un bonheur un peu convenu, il y a quelque chose de l’ordre de l’ambivalence, de la contradiction, mais également une forme de violence ou d’angoisse contenue et de mélancolie. Il y a comme une nécessité à confronter les gestes précis et volontaires de la peinture aux « accidents », aux traces incontrôlées, et autres fruits du hasard…
Le rapport au temps se retrouve parfois dans l'opposition de techniques lentes et rapides dans un même dessin. Il est présent aussi par le travail en séries qui ne sont jamais closes, et dans lesquelles je reviens, au fil des années, comme pour me rappeler à leurs bons souvenirs, leur dire que je suis toujours là, et qu'on peut faire encore un brin de chemin ensemble. AG.

Sa vision de la mode :

« J’aime mélanger les styles et mes goûts n’ont pas changé depuis mes 20 ans. J’ai une attirance pour le motif qui revient d’ailleurs inlassablement dans mon travail d’artiste.

Mon vêtement fétiche reste mon tablier de peintre !

Plus consciencieusement, je souhaiterais la mise en place de cahiers des charges plus stricts pour que la conception des vêtements soit obligatoirement éthique et écologique. » AG.

Pour l’entendre parler de son art, visualisez la vidéo du 3 juin dernier dans ce magazine. Pour la découvrir en 10 questions, lisez la traditionnelle mini-interview de l'artiste.

 

Biographie:

Née en France en 1963. Vit et travaille à Nice (06)
Diplômée de l’école nationale supérieure d'art – Villa Arson – Nice
Professeure d'arts plastiques à Nice.

Elle est aussi l'auteure de textes et illustrations, d’un album jeunesse et de trois livres pour enfants aux Éditions Ricochet.

"Le Mouvement des nuages" est son premier roman. (Éditions Bélem - 2004)
Expose régulièrement dans sa région et toute la France.

Galerie LOLA GASSIN – 49 rue Ml Joffre – 06 Nice – 0493886825 – info@galerielolagassin.com
http://annegerard.net

Publié par Viviane VGM, Rédactrice du Magazine Artist La marque.

3 commentaires

  • Doerenbecher christine

    Une technique intéressante des résultats pleins de nostalgie peut être mais surtout de poésie et de rêve.
    Du figuratif deconstruit c est ce que j ai toujours eu envie de faire dans ma peinture.

  • Dabrowski

    Dubitative aussi. Reste à découvrir votre sélection de morceaux choisis…. à dimanche.

  • pouverel

    BOF,cela ne m’ inspire pas du tout ,un monde sombre ,triste ,peut-être l artiste à la nostalgie de l’ ancien

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