REVUE DE DÉTAIL chez les BOUTONS

ARTIST passe en revue ces petits objets qui ont tout des grands : les boutons. Accessoires inséparables du vêtement qu’ils scénarisent ou qu’ils structurent, ils lui confèrent subtilement une certaine allure. Loin du détail anodin, on les remarque. Capables de coup de génie, ils peuvent redonner vie. Ils ne se contentent pas d’attirer l’œil, ils accrochent le regard. Dotés d’originalité, parfois facétieux, souvent expressifs, ils exhibent leur caractère artistique.

Racoleurs, affrioleurs, leur numéro de charme hypnotise. On les touche, on les caresse sans même s’en rendre compte. De l’importance du second rôle dans l’univers sensuel et sensoriel du textile !


Mode de vie ? En tribu. Ils fuient la solitude et affectionnent la vie en famille. Petits et grands, ronds ou carrés, souvent regroupés, ils peuvent passer une vie ensemble, postés à la queue leu leu…


Actions ? Égayer, embellir, parfaire…


Fidèles compagnons de l’habillement, ils s’adaptent à toutes les tendances, passant du classicisme à la fantaisie. Témoins du passé, recouverts de tissu ou pas, contemporains très graphiques, ludiques, XXL, futuristes, ou encore romantiques… Qui sont donc ces audacieux ?


Androgynes, métissés, ces boutons présentent de multiples facettes, issus d’une infinité d’origines surprenantes :

  • Matériaux naturels : le bois, le raphia, le corozo… (provenance végétale)
  • Matériaux naturels : la corne, l’os, la nacre, le cuir… (provenance animale)
  • Matériaux artificiels et synthétiques : les alliages métalliques, la pâte de verre, le verre,
  • les  plastiques…


    En bois 

    Buis des régions champenoises ou de Franche-Comté et du Jura, thuyas et oliviers du sud de la France. Le bois, très agréable au toucher, provient parfois des chênes de Turquie, ou d’essences exotiques : palissandre, macassar, ébène…

    En bakelite

    Première résine plastique créée au début du XXe s. Elle imite l’ambre, se teint à merveille, et fut longtemps star chez les grands couturiers Art Déco. Des fabricants de boutons italiens la sculptent encore.


    En Caséine


    Fabriquée à partir de poudre de lait et de procédés chimiques. De couleur blanche à l'état brut avant de revêtir toutes sortes de teintes souhaitées, cette matière supporte un polissage poussé pour le plus bel esthétisme du bouton.


    En celluloïd 

    Mélange de camphre et de nitrocellulose, on parle de 1re matière plastique semi-synthétique. Moins utilisé aujourd’hui, il imite ivoire, corail, jade, marbre, verre, corne ou le bois !

    En céramique

    Composé d'argile et d'eau, seul l'émaillage ou le vernissage le rend non poreux. Cette fabrication s’est raréfiée.

    En corne 

    Qu'elle vienne du buffle d'eau du Japon ou des bœufs occidentaux, il y a deux types de cornes : la plaque de la corne, là où elle est la plus large et claire voire translucide et la pointe de la corne, encore plus recherchée et de couleur très foncée.

    En corozo 

    Issu d’un cocotier d’Amérique du Sud ou du Soudan, le diamètre du bouton est limité à celui de la graine du fruit récolté (25 mm). Le corozo ou ivoire végétal, uni blanchâtre, demeure le roi des manteaux et tailleurs.


    En cuir 


    Universel, très adapté aux vestes et manteaux, lainages et tissus écossais entre autres. On utilise les peaux écailleuses comme l'alligator, le requin, le lézard et les peaux plus souples comme le veau, le serpent, le poulet ou la raie.

    En galalithe 

    La galalithe résulte d'une caséine de lait traitée au formol. Sa plasticité remarquable permet tous types de transformation.



    En métal

    Le plus courant est sans aucun doute le Zamac : mélange de zinc, d'aluminium, de magnésium et parfois de cuivre. Il existe aussi des boutons en argent, bronze et or.

    En nacre 

    Le matériau fétiche ! Pour les plus sublimes : nacre de Tahiti avec ses reflets gris-vert ou nacre agoya du Japon, l'huître perlière, dont la couche interne a des reflets irisés. Une autre nacre lumineuse et claire provient de gros coquillages des mers d'Asie et d'Australie. La nacre peut aussi se teinter.

    En os 

    Il se taille facilement. Vieilli, jauni et poli, il ressemble à l’ivoire.

    De pierres précieuses ou semi-précieuses 

    Sur commande et sur mesure avec diamant, rubis, émeraude ou saphir. Plus "modestement" avec du jade, de l'onyx, turquoise, aigue-marine ou encore agate.

    En polyester

    Généralement fabriqué à l'est de l'Europe, matière synthétique par excellence, il peut revêtir mille et une couleurs, imiter tous les matériaux.

    En résine 

    On parlera plus noblement de résine pour mentionner le polyester qui se teint, se moule pour imiter toutes les matières et toutes les formes du bouton.

    En verre 

    Exception faite de l'Italie et de l'Autriche, verre ou cristal, moulé ou soufflé, on n’en trouve presque plus.

    Bouton Satsuma

    Unique, il se peint toujours au Japon. Composé de porcelaine craquelée ou non, blanc ivoire.

    Ils sont bijoux, pièce d’art, minuscules sculptures, historiques ou sans histoire. Ils apportent la dernière touche. On les collectionne comme des trésors.

    Corvéables à souhait, bien qu’oubliés dans un fond de poche ou de tiroir, ils nous rendent toujours service.

     

    Publié par Viviane VGM, Rédactrice du Magazine Artist La marque.

    1 commentaire

    • Elizabeth S

      Bel article sur Le Bouton. Vous savez le sublimer. Nécessaire, voire indispensable dans la « déco » du vêtement. Intéressant de par sa variété dans les matières, les formes, les couleurs. Dorénavant, j’y serai plus attentive.
      Encore merci pour toutes ces explications.

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